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 SENEGAL-ISLAM-LITTERATURE-PORTRAIT

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julie
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MessageSujet: SENEGAL-ISLAM-LITTERATURE-PORTRAIT   Jeu 18 Fév 2010 - 21:48

Serigne Habib Sy, le parrain de la journée d’avant Gamou : un homme discret et effacé
Par Cheikh Tidiane Ndiaye (APS)

18/02/2010 13:38 GMT

Dakar, 18 fév (APS) - De son vrai nom Habiboulah Sy, El Hadj Habib Sy le parrain de la journée suivant la fin du ‘’Burd’’ et veille du Gamou de Tivaouane, était le dernier des fils de El Haj Malick Sy et en tant que tel il fut le ‘’chouchou’’ de son père et de ses frères qui l’encadrèrent tendrement pour lui donner ‘’une éducation modèle’’, écrit Pape Amadou Sall dans son récent livre ‘’Ëtu Maodo – La Cour religieuse du Cheikh’’.

Né 1907 à Tivaouane, Serigne Habib était le fils cadet de la sainte Safiétou Niang, mère notamment de Serigne Mansour Sy et de El Hadj Abdoul Aziz Sy ‘’Dabakh’’. Pour la petite histoire, souligne Pape Amadou Sall, Mame Safiétou venait du Djolof et avait été donnée en mariage à El Hadj Malick Sy par le Bourba Djolof Alboury Njaay, en témoignage de leur amitié et de ‘’la sympathie’’ qu’éprouvait le souverain à l’égard du Cheikh.

’’Soutenu et aimé par ses frères Ahmed, Ababacar, Al Mansour et Dabax Malick, Habib s’est très vite distingué grâce à son intelligence et son érudition avancée’’, écrit M. Sall qui qualifie le dernier des fils de Maodo de ‘’beau, élégant et séduisant homme de culture’’.

N’empêche, du fait du ‘’style sobre’’ dans lequel il baignait, Serigne Habib ‘’était très effacé’’, relève l’écrivain tout en reconnaissant que ‘’ses qualités humaines et sa valeur érudite faisaient de l’homme un spirituel renommé d’une grande classe au service de l’humanité’’.

’’Sa belle diction’’ qui ne laissait pas indifférent son entourage lequel y voyait ‘’des signes de sainteté’’ fit, révèle Pape Amadou Sall sur la foi de plusieurs sources, que ‘’El Hadj Malick Sy trouvait énormément de plaisir à entendre de son fils Habib âgé seulement de 12 ans, la psalmodie du saint livre coranique’’. C’était ‘’la musique de prédilection’’ de Maodo et ‘’il ne cessait de le parcourir avant et après la prière’’, indique Pape Amadou Sall, professeur d’anglais au CEM Maurice Guèye.

De son père qu’il perdit en 1922, alors qu’il avait seulement 15 ans Serigne Habib hérita surtout, note l’écrivain, ‘’sa grande discrétion et son effacement en toute chose’’.

Placé dorénavant sous la férule de ses deux grands frères, Khalifa Ababacar Sy et Serigne Mansour Sy, âgés respectivement de 39 et de 29 ans, le jeune garçon poursuivit ‘’avec panache’’ ses études, bénéficiant de la part de ses professeurs un ‘’énorme soutien’’, signe, selon M. Sall, ‘’d’amour, d’entente, mais surtout de complicité’’ entre frères.

Effacé et discret à l’image de son père, il ne faisait pas prévaloir ses idées et s’en remettait à la décision de ses aînés, lesquels le lui rendirent en mille en le façonnant tant et si bien ‘’dans la philosophie du Cheikh’’ qu’il atteignit ‘’un point de spiritualité culminant’’.

Les pertes en 1957 et ce à quatre jours d’intervalle de ses mentors, Khalifa Ababacar Sy et Mansour Sy, furent une autre dure épreuve pour Serigne Habib. Mais, tout en se remettant à Dieu pour s’être doté à l’occasion ‘’d’une force de croyance’’, il se fit à l’idée que c’est autour de son aîné de trois ans Abdoul Aziz Sy ‘’Dabakh’’ de devenir l’héritier spirituel de Maodo et du coup de poursuivre l’œuvre des frères disparus.

Il manifesta ‘’toute sa solidarité’’ à Dabakh et le ‘’soutint dans a mission’’, écrit Pape Amadou Sall, ajoutant que Serigne Habib désireux de ‘’laisser au nouveau Khalife le soin de gérer convenablement et sans gêne le précieux legs de son père’’, prit congé provisoirement de ses proches en allant s’établir en Gambie.

En agissant de la sorte, relève l’écrivain, Serigne Habib ne faisait que marcher sur les pas de son père lequel avait de son vivant demandé à son futur prédécesseur, à savoir Khalifa Ababacar Sy, ‘’de s’éloigner du foyer paternel et d’aller se retirer dans un lieu calme où il serait maître de lui-même, au moment de sa formation spirituelle, pour le trône successoral du Khalifat’’.

Sur place en Gambie, le cadet des fils de Maodo ‘’draina un nombre considérable de disciples et se lança petit à petit dans une politique d’assainissement (axé sur la morale), d’islamisation et d’initiation des populations’’.

’’Remarquable par sa science, Al Hadj Habib faisait prévaloir la pensée du Cheikh, véhiculait ses idées et poursuivait son enseignement avec efficacité’’, souligne Pape Amadou Sall avant d’ajouter qu’en dehors de ‘’ses activités religieuses, Serigne Habib Sy était aussi un excellent travailleur connu dans le milieu commercial’’.

Cela était aussi une application de l’enseignement de son père qui a toujours refusé de vivre de la sueur de ses disciples, indique l’auteur de ‘’Ëtu Maodo’’ qui à ce sujet relève également que comme El Hadj Malick Sy son fils Habib ‘’éprouvait de l’amour intense envers ses disciples. Il les traitait avec égards et s’occupait beaucoup de la santé de ses proches’’.

Ainsi vécut le cadet des fils de Maodo jusqu’à sa disparition en 1992 à l’âge de 85 ans. Il a, selon Pape Amadou Sall, été enterré à Tivaouane près du mausolée de son père, dans le carré réservé à la famille de Mame Safiétou Niang.


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